nov
16
2009
7

Chroniques Lutheriennes : Pourquoi j’ai pris ma retraite.

Un article non-groutesque aujourd’hui, très bavard, mais un article quand même. :)

Après tout, y’a plusieurs catégories à ce blog, et puis c’est le mien, donc je peux y mettre ce que je veux, non ?

Bref, je me disais que ça pourrait être intéressant de vous expliquer pourquoi j’ai arrêté de jouer à World of Warcraft, il y a quelques mois.

Revenons cinq ans en arrière. Quand WoW est sorti, j’y aie accroché tout de suite : je connaissais l’univers, et l’explorer avec mon propre avatar me plaisait beaucoup. Le monde, à la base, c’était ça :

northrend-azeroth1

Une grande carte vierge, que je connaissais un peu, mais où tout restait à découvrir.

Mon camarade Modran l’exprimerait mieux que moi, mais en gros, y’a quatre grand profils chez les joueurs :

  • L’Achiever, du mot anglais “achievement”, qui veut dire “accomplir / achever” dans le sens d’objectif. Un type de joueur qui veut avoir fini le jeu à 100%, et qui fait tout ce qu’on lui demande dans la liste des choses à faire. Typiquement, s’il y a un endroit où il faut trouver 200 cristaux magiques éparpillés partout, l’achiever les trouvera. Peu importe le temps qu’il y passera. Ou il collectionnera TOUTES les recettes de cuisines. Ou il terminera TOUS les donjons du jeu. Ou il aura TOUS les surnoms possibles dans le jeu. Ou il aura TOUTE la carte d’explorer. Et bien sûr, péter la gueule à TOUS les dragons. Obligatoire. En bref, ce monomaniaque en puissance, c’est l’Achiever.
  • Le Killer, du verbe anglais “kill”, qui signifier “tuer”. Un killer est donc un tueur. C’est un joueur qui aime avant tout se mesurer aux autres joueurs, préférablement dans des affrontements sanglants tels que des jeux de baston ou des first-person-shooter, mais ça peut aussi se faire sur un jeu de course automobile, ou même de duel de Dance Dance Revolution. L’important, c’est la compétition, pour montrer qu’on est le number one. Bref, le killer est le mégalomaniaque de service.
  • Après, viens l’Explorer, du verbe “explorer”. L’explorer, lui, il veut voir du pays. Il lui faut de l’évasion, des paysages, mais aussi des histoires : c’est le joueur le plus sensible au décor en fait, et à l’immersion qui est faite dans le jeu. La cohérence du monde dans lequel il est plongé compte énormément, et est la source directe du plaisir de jeu. Il connaîtra généralement très bien le jeu sur son plan historique et fera attention à de nombreux détails que la plupart des joueurs ne voient même pas. C’est à la fois le rêveur, et le guide touristique sur pattes. Mais il est aussi dur à contenter.
  • Et enfin viens le bisounours le Socializer. Comme son nom l’indique, c’est celui qui est là avant tout pour être avec les autres. Et non pas contre, comme le Killer. Nan, le socializer, lui, ce qui lui plaît, c’est quand 1+1+1 = Equipe invincible et surpuissante. La cohésion, l’entre-aide, la camaraderie comptent énormément pour lui. C’est là qu’il trouve son plaisir de jeu. Ainsi, plus il y a de façon d’intéragir avec les autres, plus le Socializer sera heureux. Jouer en groupe en fait partie, mais pouvoir montrer aux autres ses animaux de compagnie, sa grosse épée obtenue des entrailles d’un dragon tout chaud, ou se lancer dans une danse improvisée avec 20 parfaits inconnus marchent également très bien. Bref, c’est bien le bisounours de service.

Bon, tout ça, je l’invente pas hein. C’est des gens qui font du game design depuis longtemps qui ont fait ce classement. Reste qu’il est très pertinent selon moi. Bien sûr, suivant les jeux, on change de type de joueur ou on change d’objectif personnel. Par exemple, quand je joue à Call of Duty, je suis clairement en mode “Killer” car le multi-joueur est béton, et on est là pour montrer qu’on est le meilleur tireur. Mais le jeu est fait avant tout pour ce genre de joueur. A l’inverse, l’excellent Flower dont je parlais dans un autre post, c’est un jeu d’Explorer avant toute chose (et croyez moi, c’est rare !). La majorité des gros jeux sont pour les Achiever et les Killers. Socializer et Explorer sont plus minoritaires.

Si vous voulez connaître votre tendance de joueur dans un MMO RPG, je vous recommande le quizz ci-joint, appelé “Bartle Test of Gamer Psychology”.

Moi, à ce test, j’obtiens le résultat suivant :

skorasdna

Sans surprise, ce résultat aide à expliquer pourquoi j’ai fini par me lasser de WoW.

Au début, j’avais une carte vierge, un monde entier à découvrir, comprendre, explorer. Ma première année de jeu fut géniale. D’autant qu’on découvrait tous ensemble. Mais depuis 5 ans, j’ai eu laaaargement le temps d’explorer le monde… Et maintenant que je le connais par coeur, l’intérêt a disparu.

Maintenant, pour moi le monde c’est ça :

rook__s_azeroth__annotated_by_pickwick

Exit la carte vierge, c’est une carte connue, annotée, détaillée, et ok, pleine de nostalgie aussi, mais c’est surtout une carte FINIE. Tout a été découvert.

Alors ok, à chaque addon, à chaque nouveau patch, y’a une doze de nouveauté… mais qui disparaît en une semaine ou au mieux un mois. Et après il faut attendre entre trois à six mois pour la dose suivante. C’est long. Trop long. Et n’étant pas du tout un achiever, ben refaire les mêmes quêtes journalières, encore et encore, pour monter mes réputations, ben ça me gave. Vraiment. Métro, Boulot, Dodo c’est déjà pas exaltant dans la vraie vie, mais alors en jeu… IERK !

La seule chose pour laquelle j’ai été un peu un achiever, c’était la pêche : je voulais être le meilleur pêcheur de ma guilde, parce que c’était fun et décalé. Donc là, je m’étais donné les moyens de mon ambition. Reste que ce fut pénible, et que je ne le referai plus.

Alors, les autres aspects de ce jeu : Ben y’a un peu de PvP (joueur contre joueur, donc pour les killer) dans ce jeu, mais il ne m’a jamais intéressé… Les combats en arène, bof bof. Et les champs de bataille instancés, pareil. J’ai trouvé ça mal conçu, et pas très sexy car c’est à celui qui a le meilleur équipement qui gagne à peu de choses prêt. Et ça ne sert qu’à gagner de l’équipement pour plus de combat d’arène… le serpent qui se mort la queue en somme. A ce compte là, mon instinct de killer se réveille plus pour des FPS, ou d’autres jeux où c’est avant tout le talent du joueur qui est mis à l’épreuve, et non la qualité du blindage de l’armure indépendamment de qui est dedans. Et surtout, aucun impact sur le jeu. C’est quoi l’intérêt, dans un MMORPG, de jouer inlassablement la même bataille qui n’aura aucune incidence sur le monde ?

Reste un dernier aspect: les raids haut niveau. A 10 ou 25. Et effectivement, dans mes derniers mois, je ne jouais plus qu’en raid, avec ma guilde. Ce qui est chouette car on est tous ensemble, on dézingue des gros boss, tout ça tout ça.

Oui, mais quand on découvre les gros boss, encore ça va : explorer power ! Mais quand on les tue alors qu’on les connait déjà bien, juste pour l’équipement, le plaisir n’est pas le même. A la limite, y’avait les “hard mode” : refaire les boss, mais en se fixant des contraintes (optionelles, mais prévues par le jeu). Là, ça redevenait amusant car il y avait un nouveau challenge.

Mais au final, ça a fini par me lasser quand même, parce que tout mes camarades n’étaient pas dans cette optique… et quand il commence à y avoir de la lassitude à essayer de mettre tout le monde d’accord, il n’y a plus de plaisir de jeu. Pour moi en tout cas. J’ai donc raccroché mon tablier. Pour l’instant.

Je testerai sans doute la prochaine extension, Cataclysm, qui est censée mettre à jour les anciens continents : ça fera de l’exploration, des nouvelles choses à voir, et ça sera bien. Mais je n’y jouerai à mon avis pas longtemps, car une fois que j’aurais tout vu au moins une fois, je n’aurais pas envie d’attendre sans rien avoir à faire.

Si y’avait des options rigolote, du genre tenir une auberge, ou des choses comme ça pour patienter, ça serait différent. mais cet aspect fait cruellement défaut à World of Warcraft. Il y a bien quelques évènements lancés par les joueurs, mais ils sont rares. De plus, les joueurs n’ayant aucun impact réel sur la narration, il est difficile de se sentir impliqué en Azeroth.

S’il y avait un gros évènement du style “Une armée de démons attaque votre capitale. Vous êtes la dernière ligne de défense, et si jamais vous perdez, la capitale est détruite à jamais”, on peut être certain que presque aucun joueur ne répondrait à l’appel. Ce qui est dommage.

Il manque aussi, quitte à avoir du PvP, des zones entière sous contrôle réel d’une faction. Et pas uniquement une zone-spéciale-pvp comme actuellement, ou des micro-buff insignifiants si on domine la zone. Nan, il faudrait plus ! Si par exemple des parties du continent étaient complètement sous contrôle de l’adversaire, avec patrouilles de soldat partout, camps retranchés pour les dominants, et traque permanente pour les autres cela rajouterait une tension et un challenge très agréable, et participerait à l’immersion. Là, on pourrait vraiment se dire “on vit dans un monde en guerre”. mais quand le monde est figé, et que les joueurs ne peuvent rien faire du tout… on se dit à quoi bon ? Ok, on est les acteurs d’une trame prévue par Blizzard. Ca a ses bons côtés. Mais ce n’est pas suffisant.

Et pour l’instant, bah effectivement, à quoi bon ? J’ai fait mon quota de quêtes répétitives, j’ai vu mon quota de boss. Par contre, j’ai toujours pas eu mon quota de socialisation… On nous avait promis des maisons de guilde, des zones personnalisables par et pour les joueurs, mais on les attend encore.

Après, je ne dis pas que WoW c’est le mal, un mauvais jeu ou quoi que ce soit. C’est un excellent jeu, et le seul où des joueurs débutants peuvent à mon avis réellement s’amuser. Mais pour moi, ce n’est juste plus suffisant. ;)

A côté de ça, je continue d’écrire quand j’ai du temps des histoires sur Luther. Mais c’est bien la seule chose qui me relie encore à l’univers de Warcraft.

… vivement StarCraft 2 pour le coup. Les Zergs me manquent.

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mar
10
2009
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Chroniques Luthériennes : mise en ligne du Journal !

Je l’évoquais dans de précédents posts, mais au fil des années à jouer à WoW, j’ai fini par écrire des nouvelles liées à mon personnage.

Longtemps hébergées sur le forum de ma guilde (bloodlust), je me suis décidé aujourd’hui à leur donner un endroit plus approprié.

Donc je viens d’ouvrir le blog “Le Journal de Luther” :

Voilou ! :) Je vous invite à y faire un tour si le coeur vous en dit. Je vais reposter progressivement toutes mes nouvelles dessus, en y ajoutant des images, et en les relisant à fond pour être sûr d’éliminer les fautes restantes.

Fin de la news express.

jan
07
2009
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Chronique Luthérienne : Leçons de cuisine

On sort juste des fêtes de fin d’année. Ca a fait du bien à tout le monde, et nombre d’entre nous ont pris plusieurs kilos tellement ils se sont baffrés. Nan, j’en fais pas partie. Ou alors pas beaucoup. Presque pas quoi. Ca fait partie des risques du métier de toute façon. BREF !

Niveau cuisine, dans la vraie vie, je me débrouille, mais sans plus. J’empêche mon colloc de frère de mourir de faim, ce qui me donne l’illusion d’être un bon cuisinier alors que je ne fais qu’alterner le riz, les pâtes et les nems. Le tout avec beaucoup de tomacouli.

Faut dire que de mon point de vue, c’est difficile la cuisine. Et ça prend du temps. Alors que quand on regarde les jeux, c’est presque instantané ! Tiens, dans WoW, que nous ne citerons plus, par exemple : je mets très exactement 2 secondes pour cuisiner n’importe quoi ! Ca va des steaks de loup aux gâteaux au chocolat (si si) en passant par la bière qui aide à mieux pêcher. Et en plus, je ne rate jamais mes plats !

Bref, je suis un “Chef”, en plus d’être un excellent pêcheur. (Note : oui, on peut aussi pêcher. C’est rigolo. Et rapide. On peut pêcher n’importe quel poisson, ou presque, ça prend jamais plus de 20 secondes.)

Mais un vrai chef qui se respecte cherche toujours de nouvelles recettes ! Ca tombe bien, y’a le nouvel addon qui est sorti à la mi-novembre ! :)   Plein de nouvelles recettes ! Coooooool !

Et parmi elle, il y en a une qui a retenu mon attention tout particulièrement. Il s’agit… du Festin ! Le Festin, c’est une recette différente des autres. Là où tous les autres plats sont des portions individuelles, le Festin, c’est pour tout le monde. C’est un peu comme le buffet campagnard gratuit, si cher à Chevalier et Laspalès*.

Par contre, être un cuisinier dans WoW, c’est presque être magicien. Pour faire un festin, la recette nous dit ceci : Il nous faut :

1) Tout d’abord, un bon gros steak de “ver des neige”

2) Ensuite, vous ajouter un tournedos de délicieuse viande de mammouth.

3) Comme deux bestioles, ça suffit pas, vous complèterez avec des flanchets de viande de brochepelle (une espèce de cerf court sur pattes avec des bois très utiles pour déblayer la neige devant les maisons le dimanche matin).

4) Ah, et il faut aussi de la viande glacée (ce qui doit plutôt ressembler à une espèce de glace à la viande selon moi, vu qu’on peut en faire normalement que du ragout ou de la soupe une fois réchauffée), qu’on trouve sur n’importe quelle bestiole. Je suppose que ça doit servir à cimenter la recette.

Bref, comme vous le voyez, c’est plein de viandes de bestioles exotiques. Donc, à mes yeux, le festin devrait avoir la tronche d’un plat de tranches de viandes diverses, et chacun viendrait se servir.

Donc j’aimerai bien comprendre pourquoi j’obtiens ça :

Oui, vous l’avez tous vu, il s’agit d’un cochon grillé avec une orange dans le bec. Et alors là, y’a quand même un truc qui est pas facile à expliquer.

Mais le fait est là, nous arrivons à l’équation suivante :

Ver + Mammouth + Brochepelle + Glace = Cochon

Quelques questions s’imposent donc :

  • Où sont passées les viandes étranges collectées plus tôt ?
  • D’où sort ce cochon, absolument pas collecté ?
  • D’où sortent les fruits, pas collectés non plus ?
  • D’où sort le plat en aluminium sur lequel tout le bazar est posé ?

En deux mots : “C’est quoi ce bordel ?! SERVEUR ! Où est passé ma commande ?!”

Et là, tout bon maître de jeu répondrait par un bon “TGCM” (”Ta gueule, c’est magique !”).

Il n’empêche. Ca m’a bien perturbé pendant quelques jours s’t'histoire. Sans parler des problèmes de religion qui ne mangent pas de porc, et qui doivent être bien embêtées.

En tout cas, fort de cette déroutante expérience, je vais continuer mon exploration du Norfendre, et de ses mystères culinaires… Qui sait ? On tombera peut-être sur la recette originelle du Big Mac au détour d’une crevasse !

(Note : mon correcteur orthographique veut corriger “laspalès” par “lasagne”. Je ne sais pas comment il faut le prendre…)

Written by Skoras in: Chroniques Lutheriennes |

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